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Qui succédera à Akhannouch ? Jeune Afrique dresse la liste des favoris

À deux mois des élections législatives, la course à la présidence du gouvernement commence à prendre forme au sein des principaux partis politiques, dans un contexte marqué par les spéculations autour des personnalités capables de conjuguer influence partisane, expérience gouvernementale et aptitude à conduire les futures coalitions.

Dans une analyse intitulée « Les futurs Premiers ministres du Maroc : les principaux prétendants après les élections », le magazine Jeune Afrique met en avant plusieurs figures issues du Rassemblement National des Indépendants (RNI), du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et du Parti de l’Istiqlal, considérées comme les mieux placées pour diriger le futur exécutif, alors que ces trois formations sont données favorites pour arriver en tête du scrutin.

Conformément à l’article 47 de la Constitution, le Roi nomme le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives, ce qui place le leader de la formation victorieuse – ou l’une de ses principales figures – au cœur des scénarios d’après-scrutin. Parmi les personnalités citées figure Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal depuis 2017, ancien ministre de l’Économie et des Finances et ancien président du Conseil économique, social et environnemental.

Jeune Afrique le présente comme un fin connaisseur des rouages de l’État, doté d’une solide formation économique et d’une riche expérience institutionnelle. Il bénéficie d’un appareil partisan bien implanté à travers le Royaume et ne fait face à aucune véritable contestation interne. Le magazine souligne toutefois une présence médiatique limitée, une communication prudente et des difficultés à s’imposer dans les périodes de crise. Il évoque également la prédominance d’un entourage politique traditionnel et la faible représentation des jeunes et des femmes au sein de son cercle dirigeant.

Selon Jeune Afrique, Nizar Baraka dispose de sérieuses chances d’accéder à la primature, à condition de réussir sa transition d’administrateur compétent vers celle de leader politique capable de fédérer une large coalition gouvernementale.

Au sein du RNI, Mohamed Chouki est également cité parmi les personnalités susceptibles d’émerger. Le magazine relève toutefois son expérience gouvernementale limitée et sa faible visibilité médiatique, malgré son ascension rapide au sein du parti et le soutien d’une solide organisation politique. Il est présenté comme le prolongement de l’ère Aziz Akhannouch, davantage que comme un dirigeant autonome capable d’imposer sa propre vision, ce qui limiterait ses chances de devenir personnellement Chef du gouvernement, même en cas de victoire de son parti.

Du côté du PAM, les regards se tournent vers Fatima Ezzahra El Mansouri et Mehdi Bensaid, qui assurent conjointement la direction du parti dans le cadre de la gouvernance collégiale adoptée depuis 2024.

Fatima Ezzahra El Mansouri dispose d’un important capital politique, forgé à travers sa présidence de la commune de Marrakech et son portefeuille de ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Son nom revient régulièrement parmi les prétendants à la primature, avec la possibilité de devenir la première femme à occuper cette fonction au Maroc.

Mehdi Bensaid incarne quant à lui une nouvelle génération de responsables politiques. Son aisance médiatique et sa capacité à dialoguer avec les jeunes constituent des atouts, même si les divisions internes du parti et l’absence d’un leadership clairement établi pourraient affaiblir les chances du PAM de présenter un candidat consensuel.

Le magazine cite également Nadia Fettah Alaoui parmi les personnalités influentes du RNI, en raison de son parcours dans la finance et de son expérience gouvernementale depuis 2019 à la tête du ministère de l’Économie et des Finances.

Elle bénéficie d’une image positive auprès des institutions financières internationales et d’une solide expertise en matière de gestion économique et budgétaire. Une éventuelle nomination à la tête du gouvernement constituerait, selon Jeune Afrique, un signal fort tant sur le plan national qu’international, notamment si le choix se porte sur une femme.

Ses chances restent toutefois limitées par une faible implantation au sein des structures du parti, un réseau politique relativement restreint et une présence médiatique discrète. En outre, Younes Sekkouri figure parmi les personnalités montantes. Ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, il s’est illustré par son rôle dans le dialogue social, les politiques de l’emploi et les relations avec les syndicats.

Jeune Afrique le décrit comme un responsable politique moderne, doté de réelles capacités de communication et de négociation, ainsi que d’un solide parcours académique et partisan. Ses ambitions pourraient néanmoins être freinées par les rivalités internes au PAM et par une implantation populaire moins importante que celle d’autres figures politiques, malgré une visibilité croissante dans les débats autour de l’après-élections de 2026.

Le magazine conclut que la course à la présidence du gouvernement dépendra avant tout des résultats du scrutin, du classement des trois principaux partis et de leur capacité à former des alliances, tout en désignant une personnalité capable de réunir soutien partisan, crédibilité politique et expérience institutionnelle.

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