Pour réussir les grands projets continentaux et transfrontaliers, il faut partir d’une volonté populaire harmonieuse et impliquer directement les citoyens dans le choix des priorités. C’est le message fort porté par Younes Sekkouri, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences. Pour lui, il faut absolument s’éloigner des approches purement techniques, aujourd’hui trop dominées par la seule logique des gouvernements, des experts et des capitaux.
Intervenant ce vendredi à Marrakech lors du Forum parlementaire économique de la région euro-méditerranéenne et du Golfe, le ministre a souligné que les débats actuels — qu’il s’agisse d’intégration économique, de dette publique, de sécurité hydrique et alimentaire, ou encore de défis climatiques et géostratégiques — traduisent des pressions croissantes. Des contraintes qui obligent, selon lui, à repenser totalement nos modèles de développement.
Younes Sekkouri a également alerté sur l’impact direct de l’intelligence artificielle et de l’économie numérique sur le marché du travail. Chiffres récents à l’appui, il a pointé du doigt une baisse de 13 % à 22 % du taux d’emploi chez les jeunes diplômés, l’IA remplaçant désormais certains métiers traditionnels dans plusieurs secteurs.
Face à ce constat, le responsable gouvernemental a insisté sur l’urgence de replacer « l’humain » au cœur des politiques publiques et des stratégies de développement. Il a mis en avant les initiatives pionnières du Maroc, notamment la régularisation de milliers de migrants subsahariens, un modèle qui réussit à conjuguer intégration économique, droits de l’homme et dimension humanitaire.
Cette expérience prouve, selon lui, qu’aucun projet économique ne peut prospérer sans le respect des droits fondamentaux. Le Maroc s’est ainsi imposé comme un véritable pays d’accueil et de transit, capable de traiter les questions migratoires sous un angle à la fois humain et de développement.
Pour l’avenir, le ministre appelle à intégrer deux priorités absolues dans les politiques publiques :
D’abord, investir massivement dans la formation et encourager les mécanismes de migration circulaire. Il a rappelé à ce titre la force du réseau marocain des instituts de formation professionnelle et ses partenariats avec plusieurs pays africains et arabes.
Ensuite, consolider cette dimension humaine par des projets économiques solides, capables de générer une véritable inclusion. Enfin, Younes Sekkouri a invité les parlements à pleinement jouer leur rôle constitutionnel — par des lois proactives, le contrôle du gouvernement et l’évaluation des politiques publiques — afin de garantir l’efficacité des investissements, la qualité de la formation et la création d’emplois.






