Le lancement des examens du baccalauréat cette année a été marqué par une polémique inédite visant le Ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, accusé par des acteurs des droits humains d’avoir transformé certaines salles d’examen en espaces marqués par « l’intimidation et la pression psychologique » à la suite de l’utilisation de dispositifs électroniques de détection de la fraude.
La controverse s’est intensifiée après que le Centre marocain des droits de l’Homme a réclamé l’ouverture d’une enquête sur le marché d’acquisition de ces appareils, appelant à la publication de leur coût ainsi qu’à l’évaluation de leur efficacité réelle. L’organisation estime également que leur utilisation a causé des préjudices psychologiques à certains candidats et entraîné une perte de temps durant les épreuves.
Dans un communiqué, le Centre a exprimé son inquiétude concernant les conditions ayant entouré les examens régionaux et celles susceptibles d’accompagner les épreuves nationales, en raison du recours à ces équipements de détection de fraude au cours de l’année scolaire actuelle.
L’organisation affirme avoir reçu des informations provenant de plusieurs provinces faisant état de dysfonctionnements lors de la mise en œuvre de cette mesure. Selon ces témoignages, les équipes chargées des contrôles pénétraient dans certaines salles après l’installation des candidats, provoquant des interruptions ayant entraîné des pertes de temps comprises entre 15 et 40 minutes dans plusieurs centres.
Le Centre estime que cette situation a affecté les conditions de passage des examens, notamment pour les élèves qui se sont préparés tout au long de l’année à cette échéance décisive. Il considère également que les modalités d’utilisation des appareils ont créé un climat de tension et de perturbation psychologique dans plusieurs salles.
Tout en réaffirmant son soutien à toute initiative visant à lutter contre la fraude et à préserver la crédibilité des diplômes nationaux, l’organisation souligne que cet objectif doit être poursuivi à travers des mesures équilibrées prenant en compte les dimensions pédagogiques et psychologiques des candidats.
Selon le Centre, les opérations de contrôle réalisées après l’installation des élèves auraient provoqué une perte de temps significative et porté préjudice à de nombreux candidats. Il estime en outre que la présence de ces dispositifs dans les salles a contribué à instaurer un climat de « peur et d’intimidation », affectant la concentration et la sérénité des élèves durant les épreuves.
L’organisation considère également que le déploiement de ces équipements n’a pas été suffisamment préparé sur le plan pratique. Elle estime que les opérations de contrôle auraient été plus efficaces si elles avaient été effectuées à l’entrée des établissements scolaires, avant l’accès aux salles d’examen.
Dans ce contexte, le Centre marocain des droits de l’Homme appelle les instances de contrôle compétentes, notamment Cour des comptes, à ouvrir une enquête afin d’examiner les conditions d’acquisition de ces appareils, leur coût ainsi que leur efficacité sur le terrain.
En outre, l’organisation condamne ce qu’elle qualifie de « pratiques intimidantes » subies par certains candidats dans les centres d’examen et tient le ministère de l’Éducation nationale pour responsable des conséquences psychologiques ainsi que de la perte de temps enregistrée durant les épreuves.






