À l’approche des arbitrages définitifs sur les listes de candidats pour les prochaines élections législatives, les indices se multiplient quant au retour au premier plan de ce que l’on appelle désormais « l’argent politique ». Ce constat s’accompagne d’accusations dénonçant « l’influence grandissante des intermédiaires et des courtiers, devenus des acteurs clés dans la désignation des candidats au sein de certaines circonscriptions ».
Des informations circulant au sein de plusieurs partis politiques indiquent que « la course aux investitures a atteint des niveaux d’intensité sans précédent dans certaines régions. Certaines candidatures font désormais l’objet de négociations complexes où les calculs électoraux s’entremêlent à des considérations financières, un tableau qui suscite de profondes interrogations sur le respect des principes de démocratie interne et d’égalité des chances entre les militants ».
Selon des sources concordantes, « plusieurs circonscriptions caractérisées par une forte concurrence entre notables et hommes d’affaires se sont transformées en foyers de conflits aigus pour la tête de liste. Cette situation a ouvert la voie à des intermédiaires qui profitent du climat d’attente et d’incertitude précédant les annonces officielles. Ces mêmes sources évoquent des sommes d’argent jugées astronomiques qui circuleraient en coulisses afin de garantir l’obtention d’une investiture ou d’en maximiser les chances ».
Ces données indiquent également que certaines villes, notamment Oujda, Tanger, Marrakech, Azilal et Rabat, connaissent une activité souterraine menée par des individus ayant accumulé une solide expérience dans la gestion des équilibres électoraux. Ces derniers proposent leurs services aux aspirants candidats en échange de sommes d’argent considérables ou d’avantages divers.
Dans l’une des circonscriptions de l’Est du Royaume, des sources politiques font état de exigences financières s’élevant à des centaines de millions de centimes (millions de dirhams), en plus de conditions requérant l’octroi d’autres privilèges au profit de figures partisanes influentes. Des pratiques en totale contradiction avec les discours officiels prônant la moralisation de la vie politique et la lutte contre la corruption électorale.
Selon les observateurs, le retard pris par certaines formations politiques pour trancher définitivement sur le choix de leurs candidats a contribué à élargir la marge de manœuvre de ces courtiers, en particulier dans les circonscriptions jugées à fort enjeu électoral. De plus, l’exacerbation de la concurrence entre les détenteurs de capitaux a fait de l’investiture partisane un objectif stratégique hautement convoqué, celle-ci étant perçue comme la porte d’entrée principale vers le Parlement.
Les analystes soulignent que la persistance de telles pratiques risque de fragiliser la confiance des citoyens dans le processus politique. Elle relance ainsi un vieux débat sur les sources de financement des campagnes électorales et les mécanismes de contrôle de l’attribution des investitures au sein des partis, à un moment où les élections devraient constituer une étape majeure pour renforcer la transparence et renouveler les élites politiques, plutôt qu’une occasion de voir triompher la logique de l’argent et de l’influence.






