La crise des déchets à Tiflet est devenue l’un des dossiers environnementaux les plus controversés de la région, alors que les protestations locales s’intensifient face aux souffrances continues de la population liées à la décharge d’El Kriaat. Les acteurs locaux qualifient désormais ce site de véritable « bombe environnementale » qui menace la santé publique et détériore la qualité de vie dans la ville.
Avec la multiplication des plaintes des citoyens concernant les odeurs nauséabondes et la prolifération des détritus, particulièrement en cette période d’Aïd al-Adha, le dossier revient au premier plan du débat public. Cette résurgence s’accompagne d’accusations portant sur le blocage des solutions promises et l’absence d’interventions décisives pour mettre un terme à un calvaire qui dure depuis des années. Des voix locales affirment que la situation dépasse désormais le simple désagrément quotidien pour devenir une source de réelle inquiétude, en raison des répercussions sanitaires et environnementales potentielles sur les quartiers avoisinants.
Au cœur de cette polémique, Abdessamad Archane, secrétaire général du Mouvement Démocratique et Social (MDS) et président du conseil communal de Tiflet, a durci le ton à l’égard du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable. Il estime que les engagements antérieurs visant à trouver une issue définitive à cette crise ne se sont pas traduits par des mesures concrètes sur le terrain. Aux côtés des membres du conseil communal, il a ainsi mené une série d’initiatives et de rassemblements pour attirer l’attention sur la gravité de la situation et exhorter à une accélération du processus de traitement.
Selon les observateurs des affaires locales, la crise de la décharge d’El Kriaat reflète une problématique plus large liée à la gestion des déchets dans plusieurs collectivités territoriales, où les programmes environnementaux et les ambitions de développement se heurtent à des contraintes de financement et à la lenteur d’exécution des projets structurants. Ils soulignent que la persistance de ces dossiers sans solutions durables affaiblit la confiance des citoyens dans les politiques environnementales et exacerbe les tensions entre les élus locaux et les départements ministériels concernés.
Des acteurs associatifs locaux insistent sur le fait que le traitement de ce dossier ne tolère plus aucun report. Ils appellent à la mobilisation des ressources financières et techniques nécessaires pour réhabiliter le site actuel ou trouver une alternative conforme aux normes environnementales en vigueur. Ils rappellent également que la garantie d’un environnement sain n’est plus une simple exigence de développement, mais un droit fondamental pour les habitants, nécessitant une intervention urgente afin d’éviter une aggravation des impacts sanitaires et écologiques à l’avenir.
Dans l’attente de mesures pratiques susceptibles de clore cette controverse, le dossier de la décharge de Tiflet demeure un véritable test pour évaluer la capacité des différents intervenants à transformer les promesses en solutions palpables, à la hauteur des attentes de la population, afin de mettre un terme à une crise devenue une source permanente de tension locale.






