L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a récemment appelé les Marocains à vérifier eux-mêmes plusieurs éléments avant l’achat du mouton de l’Aïd : examiner les yeux, contrôler le nez, toucher les oreilles, observer l’état du ventre et rester attentifs à d’éventuels signes de toux, de diarrhée ou de fatigue.
Des recommandations qui ont suscité de nombreuses réactions, certains observateurs estimant que le citoyen, déjà fortement éprouvé par la hausse des prix, se retrouve désormais contraint d’endosser lui-même le rôle de vétérinaire afin d’éviter les risques de fraude ou de maladie.
Cette situation soulève une interrogation de fond : quel est précisément le rôle de l’institution chargée du contrôle sanitaire si le consommateur doit lui-même assurer une partie de la mission de vérification ? Pour plusieurs critiques, la protection du cheptel et la sécurité sanitaire ne peuvent se limiter à de simples conseils saisonniers diffusés à travers des communiqués administratifs.
Le débat intervient dans un contexte marqué par la flambée des prix, la multiplication des intermédiaires et les soupçons de spéculation sur le marché des ovins à l’approche de l’Aid al-Adha.
De nombreux citoyens estiment qu’au lieu de transférer implicitement la responsabilité de la vigilance sanitaire aux consommateurs, les autorités devraient renforcer leur présence sur les marchés à travers des équipes de contrôle visibles, des dispositifs de traçabilité plus stricts et des opérations de surveillance renforcées avant l’arrivée des bêtes dans les points de vente.
Pour plusieurs observateurs, les Marocains n’ont pas besoin d’un simple guide expliquant comment examiner les oreilles d’un mouton, mais d’institutions capables d’assurer un contrôle sanitaire rigoureux, d’encadrer efficacement les marchés et de lutter fermement contre les pratiques frauduleuses.
Dans un pays où l’Aid al-Adha représente une tradition religieuse et sociale profondément ancrée, la sécurité sanitaire des animaux destinés au sacrifice demeure avant tout une responsabilité publique, et non une charge individuelle supportée par des consommateurs déjà confrontés aux difficultés économiques et à la pression des prix.






