Dans un exposé présenté devant la Chambre des représentants, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a dévoilé la stratégie gouvernementale visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays. Cette approche intégrée s’articule autour de trois piliers majeurs destinés à consolider le stock stratégique national.
Le premier axe de cette réforme repose sur une extension massive des capacités de stockage. Depuis 2021, les investissements dans ce secteur ont bondi de plus de 30 %, permettant au Maroc d’afficher une capacité de 3,2 millions de mètres cubes prévue pour 2025. Pour la première fois, une feuille de route s’étendant jusqu’en 2030 a été instaurée afin de fluidifier les processus administratifs et d’octroi de licences. L’objectif affiché est d’ajouter 1,5 million de mètres cubes supplémentaires via une enveloppe d’investissement de 6 milliards de dirhams dès 2026.
Parallèlement, la ministre a mis en avant l’exploitation des infrastructures de la raffinerie la Samir. Depuis 2023, environ 800 000 mètres cubes de ses réservoirs sont utilisés pour renforcer les réserves de gasoil, d’essence et de fuel. Si ces segments affichent un niveau de stock jugé suffisant, l’effort se porte désormais sur le gaz butane et le carburant d’aviation. Des projets spécifiques sont ainsi programmés pour accroître les capacités de stockage de ces produits de 400 000 m³ et 100 000 m³ respectivement à l’horizon 2030.
Enfin, le gouvernement s’attelle à corriger un déséquilibre géographique majeur. Actuellement, 80 % des capacités de stockage sont concentrées sur l’axe Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan. Pour y remédier, Leila Benali a souligné l’importance de diversifier les zones d’implantation, notamment à travers le projet stratégique du port de Nador West Med, appelé à devenir une plateforme de référence pour le stockage des hydrocarbures et du gaz naturel.





