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Marche à Marrakech pour défendre les droits linguistiques et culturels amazighs

Des organisations amazighes issues de la société civile et du mouvement des droits humains à Marrakech se mobilisent en vue de participer à une marche de protestation ce dimanche 19 avril, afin de réclamer une accélération effective de la mise en œuvre des dispositions relatives à la reconnaissance de la langue amazighe.

Plusieurs de ces structures ont d’ores et déjà annoncé leur participation à cette initiative, exprimant l’espoir que cette mobilisation contribuera à impulser une dynamique concrète dans l’exécution des engagements officiels en faveur de la langue et de la culture amazighes.

Dans ce cadre, Jamal Bekhouch, président de la Ligue marocaine amazighe, a vivement critiqué, dans une déclaration accordée à la presse, les entraves qui continuent de freiner l’application de la loi organique relative à la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazighe, appelant à dépasser ces dysfonctionnements structurels.

Abordant le secteur de l’éducation, le responsable associatif a relevé des retards significatifs dans la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe au sein des établissements scolaires, estimant que les objectifs fixés demeurent, à ce jour, loin d’être atteints.

Il a également mis en lumière la situation des enseignants de cette discipline, dénonçant leur marginalisation persistante et s’interrogeant sur l’absence de la langue amazighe dans certains établissements qualifiés « d’excellence ».

Par ailleurs, Jamal Bekhouch a souligné l’existence de défaillances notables quant à la présence de l’amazighe dans les administrations publiques ainsi que dans les médias nationaux, considérant que les revendications portées par les manifestants s’inscrivent dans un cadre pleinement légitime.

Le discours revendicatif englobe également d’autres problématiques d’ordre territorial et socio-économique, notamment celles liées à la délimitation du domaine forestier et aux difficultés engendrées par le pâturage dans la région du Souss.

En conclusion, le président de la Ligue a insisté sur la nécessité d’un déploiement effectif et tangible des dispositions prévues par la loi organique, afin de garantir les droits linguistiques et culturels amazighs à tous les niveaux.

Il a, en outre, soulevé la question du blocage persistant du Conseil national des langues et de la culture marocaine, demeuré inopérant malgré l’adoption de son cadre juridique depuis plusieurs années.

Enfin, il a rappelé que le droit de manifester constitue une prérogative constitutionnelle reconnue à l’ensemble des acteurs de la société civile agissant dans le respect de la loi, soulignant que la promotion, la protection et le développement de la langue amazighe, en tant que composante essentielle de l’identité nationale, relèvent en premier lieu de la responsabilité de l’État, conformément aux engagements consacrés par la Constitution de 2011.

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