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Lachgar sur l’heure légale : « Place à la science, pas aux surenchères »

Le débat sur le maintien de l’heure supplémentaire au Maroc refait surface avec insistance. Pourtant, Driss Lachgar, Premier secrétaire de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), estime que ce dossier mérite un traitement radicalement différent des discours populistes actuels.

Invité de l’émission radio « Décryptage », le leader partisan a insisté sur la nécessité d’éloigner cette décision de la logique des « surenchères » et des « avis consultatifs publics ». Il a rappelé que cette mesure relève des prérogatives du pouvoir réglementaire de l’État et s’appuie sur un cadre juridique encadré par un Dahir, ce qui la lie directement à l’intérêt général supérieur.

Pour Lachgar, transformer ce sujet en consultation populaire n’aboutira à aucun consensus, tout comme un vote parlementaire risquerait de consacrer la division plutôt que de trancher. Il préconise, à l’inverse, de se baser exclusivement sur des études scientifiques rigoureuses prenant en compte les intérêts économiques du Maroc et son positionnement international. À l’ère de la révolution numérique et de l’intelligence artificielle, le pays doit suivre un rythme temporel mondial, loin des positions subjectives ou des justifications superficielles.

Recomposition du paysage politique et alliances

S’exprimant sur la scène partisane, Lachgar livre une lecture nuancée des alliances politiques au Maroc. Il observe que la carte partisane subit des mutations profondes. Selon lui, le Parti de l’Istiqlal, de par ses programmes et son référentiel historique, demeure le plus proche de l’USFP. Parallèlement, il note que le RNI (Rassemblement National des Indépendants) et le PAM (Parti Authenticité et Modernité) convergent désormais avec l’Union Socialiste sur les choix de la « social-démocratie ».

Cependant, cette proximité idéologique n’a pas empêché Lachgar d’adresser une critique acerbe aux politiques publiques, particulièrement sur les dossiers de la protection sociale et du marché de l’emploi. Il qualifie les promesses électorales de création d’un « million de postes d’emploi » de chiffres imprécis nécessitant une révision profonde. Selon lui, la réalité du terrain, notamment dans le monde rural, contredit ces estimations. Il appelle le gouvernement à cesser de « s’aventurer avec les chiffres » et à faire preuve de réalisme, en tenant compte des crises internationales.

Une opposition complexe mais constructive

Lachgar reconnaît que l’hégémonie de la coalition tripartite au pouvoir sur la gestion des régions et des communes rend l’exercice de l’opposition « difficile et complexe ». Néanmoins, il affirme que son parti travaille dans une logique de recherche de « points de convergence possibles » avec la majorité sur les dossiers sociaux, d’autant plus que tous revendiquent aujourd’hui le slogan de « l’État social ».

Faisant le lien avec le Discours du Trône de 2025, le Premier secrétaire explique que les récentes décisions prises en Conseil des ministres ne sont pas conjoncturelles. Elles s’inscrivent dans la continuité des orientations royales appelant à de larges consultations sur le système électoral et au lancement d’un nouveau modèle de développement basé sur la justice territoriale.

Enfin, concernant le chantier de la régionalisation, Lachgar le décrit comme « l’étape la plus importante depuis la création des régions au Maroc ». Le passage d’une gestion via des agences à de nouvelles structures comme les sociétés anonymes reflète, selon lui, une volonté de dépasser la bureaucratie. Sur le volet électoral, tout en saluant l’ouverture des consultations par le ministère de l’Intérieur, il martèle que l’USFP restera une opposition vigilante, évaluant les politiques publiques secteur par secteur, avec responsabilité.

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