Le débat s’intensifie en France autour des engrais phosphatés utilisés en agriculture, à la suite de nouvelles alertes concernant les risques liés au cadmium, un métal lourd classé cancérogène avéré. L’attention se porte de plus en plus sur les engrais importés du Maroc, considérés comme l’une des sources suscitant des inquiétudes au sein des instances sanitaires et environnementales françaises.
Selon les données publiées par l’ANSES, une part préoccupante de la population française est exposée à des niveaux élevés de cadmium via l’alimentation, notamment à travers des produits de consommation courante tels que le pain, les céréales, les pâtes ou encore les pommes de terre, avec des niveaux particulièrement alarmants chez les enfants. L’agence recommande ainsi d’agir en priorité à la source, en réduisant la présence de cadmium dans les engrais phosphatés.
Les rapports français placent les engrais phosphatés d’origine marocaine au cœur de cette controverse, en raison d’une teneur en cadmium pouvant atteindre environ 73 mg/kg dans certaines roches phosphatées. Par ailleurs, la France accuse un retard dans le renforcement des seuils réglementaires par rapport aux recommandations sanitaires.
À l’échelle européenne, la limite actuelle est fixée à 60 mg/kg depuis juillet 2022, avec une perspective de réduction à 20 mg/kg d’ici 2034, un niveau également préconisé par l’ANSES.
Malgré des engagements antérieurs, plusieurs rapports publiés en 2026 indiquent que le décret ministériel censé abaisser ces seuils n’a toujours pas été adopté, ravivant les critiques politiques et sanitaires. Des voix parlementaires et écologistes appellent à une action rapide pour éviter des conséquences sur la santé publique.
Dans ce contexte, la pression s’accentue sur les autorités françaises pour accélérer la mise en place de normes plus strictes, renforcer les contrôles sur les engrais et les produits alimentaires, et explorer des sources d’approvisionnement alternatives à plus faible teneur en cadmium.
Ce dossier tend désormais à s’imposer comme une question majeure de santé publique et de sécurité alimentaire en France.






