Dans une démarche qui a ramené la controverse sur le changement d’heure au premier plan de la scène politique, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a publié un communiqué de son secrétariat général dans lequel il adopte la revendication de l’annulation de l’heure supplémentaire (GMT+1) et le retour définitif à l’heure normale.
Ce mouvement, intervenant à un moment sensible avant les échéances électorales et dans un contexte de tension populaire croissante due aux répercussions de cet horaire sur la vie quotidienne, a rouvert la porte aux interrogations sur les motivations du parti.
Le PJD, qui a été partenaire de gouvernements successifs sans jamais trancher ce dossier durant ses mandats, semble aujourd’hui chercher une cause pour revenir dans le cercle de l’interaction avec les préoccupations des citoyens. Cette scène soulève des questions sur le point de savoir si cette position exprime une conviction profonde ou un opportunisme électoral déguisé.
Les déclarations du secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, n’ont pas tardé à complexifier la situation. Il a affirmé que la position du parti n’est pas née de l’instant, mais s’inscrit dans le cadre de principes permanents, soulignant que l’objectif est de respecter l’horloge biologique des citoyens et d’atténuer leurs souffrances.
Cependant, cette justification se heurte à la mémoire de l’opinion publique qui se souvient bien que le parti a fait partie, pendant des années, de gouvernements ayant appliqué cet horaire sans changement. Cela a conduit certains à interpréter cette nouvelle position comme une tentative d’investir la colère populaire dans une bataille électorale, plutôt que comme une correction d’un parcours antérieur.
Les observateurs de la scène politique estiment que le PJD, confronté à un recul après les dernières mutations, cherche des causes fédératrices pour restaurer sa légitimité populaire en tant que porteur des préoccupations des citoyens. La question de l’heure supplémentaire, qui a dépassé le stade du simple choix technique pour devenir le symbole d’un déséquilibre de gestion quotidienne touchant la vie des familles marocaines, a constitué un terrain fertile pour que le parti affiche sa présence militante.
Le timing précis de ce communiqué et sa diffusion médiatique imposent à l’observateur de noter que le parti n’a jamais ignoré la dimension électorale de cette bataille, surtout face à l’absence d’initiatives gouvernementales claires pour clore le débat.
À l’approche des échéances, la question demeure : ce revirement se traduira-t-il par des voix dans les urnes, ou restera-t-il une simple carte de ralliement qui se fanera dès la fin de la saison électorale ?
Cette polémique survient alors que la campagne pour l’annulation de l’heure supplémentaire a pris un nouveau tournant, ses initiateurs ayant entamé des procédures juridiques pour plaider le dossier et le soumettre officiellement au gouvernement dans les jours à venir, selon ce qu’a confirmé Mohcine El Oudouari, coordinateur national de l’initiative pour le retour à l’heure légale.






