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La HACA classe les plaintes contre “Bnat Lalla Menana” et sanctionne Radio Mars

Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle a décidé de classer sans suite l’ensemble des plaintes reçues concernant la série « Bnat Lalla Menana », diffusée sur la 2M durant le dernier mois de Ramadan. La décision a été notifiée aux plaignants, qu’il s’agisse de particuliers ou d’associations, qui avaient dénoncé certaines scènes et dialogues jugés contraires aux valeurs de la société marocaine.

Le Conseil a estimé que la série ne contrevenait pas aux règles encadrant l’exercice des libertés de création artistique et de communication audiovisuelle. Dans sa motivation, il a souligné que l’œuvre relève de la fiction dramatique, dont les contenus et les personnages relèvent des choix artistiques de ses auteurs et réalisateurs, rappelant qu’une œuvre de fiction ne peut exister ni acquérir sa valeur sans un espace de liberté dans l’écriture et la mise en scène.

Dans ce cadre, la présidente de la HACA, Latifa Akharbach, avait indiqué que la montée des critiques du public à l’égard des productions télévisuelles traduit une exigence croissante en matière de qualité et témoigne d’une appropriation progressive de la culture de la reddition de comptes médiatique.

Elle a toutefois insisté sur le fait que la défense de la liberté de création constitue un principe fondamental, au cœur de la liberté de communication audiovisuelle telle que consacrée par la loi, précisant que la HACA n’est pas un organe de censure des œuvres de fiction, mais une instance garante d’un équilibre entre liberté et responsabilité.

Par ailleurs, le Conseil a adressé un avertissement officiel à la radio Radio Mars, accompagné d’une décision de suspension de l’un de ses programmes pendant une semaine, avec obligation de diffusion d’un communiqué disciplinaire à l’antenne.

Selon les éléments recueillis, cette sanction fait suite à l’utilisation, par l’animateur de l’émission « Assad Africa », d’une expression jugée offensante à l’égard d’un joueur de l’équipe nationale, lors d’un commentaire sur la finale de la Coupe d’Afrique des nations.

Le Conseil a considéré que ces propos dépassaient les limites de la critique sportive légitime et portaient atteinte à la dignité de la personne concernée, constituant ainsi un manquement aux exigences de maîtrise du discours médiatique et de responsabilité éditoriale.

La radio est tenue de diffuser le communiqué pendant toute la durée de la sanction, aux horaires habituels du programme suspendu, dans le cadre d’un rappel aux obligations éthiques du journalisme sportif.

Le régulateur a également souligné que les dérives verbales dans le traitement médiatique du sport peuvent contribuer à banaliser des formes de violence symbolique, nuisant à la sécurité des espaces sportifs et à la qualité du débat public.

Ce dispositif s’inscrit dans la mission de la HACA visant à garantir aux citoyens un accès à des contenus médiatiques responsables, respectueux de l’éthique professionnelle et contribuant à l’élévation du niveau du débat public.

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