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Crise au PSU : de la fracture des alliances à la scission interne

Le Parti Socialiste Unifié (PSU) traverse une nouvelle zone de turbulences structurelles. Quelques années après la crise profonde liée à son retrait de la « Fédération de la Gauche Démocratique » (FGD) — une séquence marquée par des fractures nettes sur la stratégie électorale et des critiques acerbes contre la direction de l’époque —, la formation de la « Bougie » fait face à une dissidence interne d’une autre nature. Le débat ne porte plus sur les alliances externes, mais sur la légitimité du commandement et de la ligne idéologique interne.

Ce nouvel épisode de scission a pris une forme concrète avec l’annonce, par Alami El Harouni, cadre historique et proche de l’ex-secrétaire générale Nabila Mounib, de la création d’un courant baptisé « Gauche Nouvelle et Renouvelée ». Cette initiative transforme les tensions nées lors du dernier congrès national, qui a porté Jamal El Asri à la tête du parti, en une rupture organisationnelle officielle.

Selon des sources proches du dossier, les griefs de M. El Harouni trouveraient leur origine dans le processus de succession de Nabila Mounib. Sa défaite lors du congrès n’a pas apaisé les griefs, mais a plutôt servi de catalyseur à une confrontation ouverte avec l’actuelle direction. Ce bras de fer culmine aujourd’hui par la mise en place d’une structure parallèle, plaçant le PSU devant un défi majeur pour son unité.

L’analyse de la situation actuelle suggère une fragilisation du tissu organisationnel plus préoccupante que les crises précédentes. Si le conflit lié à la FGD portait sur une vision tactique de l’union de la gauche, la crise actuelle révèle une incapacité des institutions internes à canaliser les ambitions et les divergences. Le recours systématique aux médias et aux conférences de presse au détriment des canaux de dialogue statutaires témoigne d’une perte de contrôle de l’appareil partisan sur ses cadres.

La réaction de la direction ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué émis depuis son siège à Casablanca, le Bureau Politique a dénoncé une démarche dépourvue de toute « légitimité légale » et sans lien avec les instances décisionnelles du parti. Qualifiant l’initiative de « violation flagrante des statuts internes », la direction a brandi la menace de sanctions disciplinaires contre les membres impliqués dans ce qu’elle désigne comme une « rébellion ».

Pour de nombreux observateurs, le PSU se retrouve dans une situation paradoxale : après avoir payé le prix fort de ses désaccords sur les alliances avec des partenaires extérieurs, il fait désormais face à une incapacité chronique à maintenir sa propre cohésion. Alors que la question de la Fédération de la Gauche avait déjà révélé la fragilité des consensus, cette nouvelle scission interroge directement l’avenir et l’identité même du parti sur l’échiquier politique marocain.

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