à la uneSociété

Carburants au Maroc : Le cri d’alarme des TPE-PME

La Confédération marocaine des Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPE-PME) a adressé un appel de détresse urgent au gouvernement, exigeant une intervention immédiate pour réguler les prix du carburant à la pompe et contrôler les coûts d’achat réels des stocks actuels des sociétés pétrolières.

Dans un communiqué, l’organisation a insisté sur la nécessité de mener un audit indépendant des stocks de ces entreprises afin de vérifier le respect du seuil légal de 60 jours, au lieu des 30 jours actuellement constatés. Elle a également appelé à la mise en place d’un programme de soutien concret et financé en faveur des TPE et des auto-entrepreneurs, pour les aider à résister aux chocs économiques successifs qui ébranlent le tissu productif national.

Des hausses jugées arbitraires
La Confédération a souligné que les conflits armés dans la région du Golfe, notamment l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, ont provoqué une hausse des cours mondiaux du pétrole. Toutefois, elle accuse certaines sociétés de distribution au Maroc d’instrumentaliser cette crise pour justifier des augmentations de prix abusives, ignorant le fait que les stocks vendus actuellement ont été achetés bien avant le début de la crise à des prix nettement inférieurs.

L’organisation note que ces sociétés ne conservent que 30 jours de réserve — soit la moitié de la durée légale — ce qui soulève des interrogations sur la crédibilité de leurs justifications.

Pratiques illégales et concurrence
L’organisme a révélé que la plupart des stations-service ont augmenté illégalement leurs prix de 2 dirhams par litre avant samedi dernier. Certaines stations auraient même fermé leurs portes le vendredi soir pour empêcher les clients de s’approvisionner aux anciens tarifs, un comportement qualifié de contraire à la loi.

Par ailleurs, la Confédération a appelé le Conseil de la Concurrence à ouvrir sans délai une enquête approfondie sur les pratiques des sociétés pétrolières, mais aussi des banques, des opérateurs télécoms et des compagnies d’assurance, les accusant d’étouffer l’économie nationale par des comportements monopolistiques.

Un tissu entrepreneurial en péril
Cet avertissement survient alors que les TPE, PME et auto-entrepreneurs subissent de plein fouet des chocs économiques consécutifs :

Les répercussions de la pandémie de COVID-19.

Sept années de sécheresse persistante.

L’impact de la guerre en Ukraine et la hausse du coût des matières premières.

Une inflation continue.

Les données indiquent que plus de 200 000 petites entreprises ont fait faillite au cours des quatre dernières années, une hémorragie économique qui menace la classe moyenne et aggrave le chômage.

Perspectives sombres pour 2026
La Confédération prévient que la crise actuelle des carburants pourrait pousser plus de 60 000 entreprises supplémentaires vers le dépôt de bilan d’ici 2026. Elle exprime également sa crainte que le calendrier électoral de cette année ne retarde la mise en œuvre des programmes de soutien gouvernementaux, un scénario déjà observé lors des crises de 2020 et 2021, menaçant ainsi directement des milliers d’emplois.

Related Posts

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *