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Guerre Iran–Israël–USA : énergie sous tension, marchés en alerte

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre dans une phase d’intensification, l’Union européenne se veut rassurante sur le front énergétique. À Bruxelles, la Commission affirme qu’il n’existe « pas d’inquiétudes immédiates » concernant l’approvisionnement en pétrole et en gaz, malgré la flambée des prix et l’extension géographique des frappes.

Bruxelles temporise sur le gaz et le pétrole

Une porte-parole de la Commission européenne a indiqué lundi que les stocks de gaz européens étaient à un niveau suffisant pour terminer l’hiver dans des conditions adéquates. À ce stade, aucune mesure d’urgence n’est envisagée.

Des évaluations nationales étaient attendues afin de dresser un état des lieux précis de la situation énergétique dans les différents États membres. En coulisses, toutefois, la tension est palpable alors que le gaz européen s’est envolé de plus de 22 % à l’ouverture des marchés, le contrat de référence TTF néerlandais atteignant 38,885 euros.

Le pétrole, lui aussi, a brièvement dépassé les 80 dollars le baril, porté par les craintes de perturbations majeures de l’offre mondiale, notamment via le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la consommation mondiale de brut.

Frappes iraniennes au Qatar et à Chypre

Sur le terrain, les hostilités se multiplient. Deux drones iraniens ont visé lundi une centrale électrique à Mesaieed et une installation énergétique à Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié du Qatar. Aucune victime n’a été signalée, selon le ministère qatari de la Défense.

À Chypre, la base aérienne britannique d’Akrotiri a été touchée par un drone, selon Londres et Nicosie. La piste aurait été frappée sans faire de victimes. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que l’Union se tenait « fermement et sans équivoque » aux côtés de ses États membres face à toute menace.

Le Koweït a, de son côté, annoncé avoir intercepté plusieurs drones au-dessus de son territoire.

Les Gardiens de la Révolution revendiquent des frappes

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir ciblé les bureaux du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ainsi que le quartier général du commandant de l’armée de l’air israélienne, en utilisant des missiles Kheibar.

Israël a confirmé poursuivre des « frappes à grande échelle » à Téhéran. Des explosions ont également été signalées à Jérusalem après des tirs de missiles en provenance d’Iran.

Selon le Pentagone, le quartier général des Gardiens de la Révolution aurait été détruit. Des médias iraniens ont confirmé la mort de plusieurs hauts responsables militaires, dont le chef des Gardiens de la Révolution et le chef d’état-major des forces armées.

Le conflit s’étend au Liban et à l’Irak

Au Liban, le Hezbollah est entré directement dans le conflit, affirmant avoir tiré missiles et drones vers Israël. L’armée israélienne a riposté en frappant des cibles « à travers le Liban » et en ordonnant l’évacuation de plusieurs dizaines de villages.

En Irak, le groupe pro-iranien Kataeb Hezbollah a indiqué que son bastion de Jurf al-Nasr avait été visé par de nouvelles frappes.

À Bahreïn, une personne a été tuée dans une attaque iranienne, selon les autorités locales.

Trump promet de « venger » les pertes américaines

Les États-Unis ont annoncé la mort de trois militaires, premières pertes américaines depuis le début des opérations. Le président Donald Trump a promis de « venger » leur mort et évoqué une campagne militaire pouvant durer « quatre à cinq semaines ».

Dans un message direct au peuple iranien, il a appelé à « reprendre le pouvoir », affirmant que « l’Amérique est avec vous ». Il a également exhorté les Gardiens de la Révolution à déposer les armes.

Téhéran, par la voix d’Ali Larijani, a exclu toute négociation avec Washington, accusant Donald Trump d’avoir plongé la région dans le « chaos ».

Un lourd bilan humain

Le Croissant-Rouge iranien fait état de 555 morts à travers le pays depuis le début des frappes américano-israéliennes. Ce bilan n’a pas pu être vérifié de manière indépendante.

Des rassemblements ont eu lieu à Téhéran, Chiraz et Yazd après l’annonce de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, entre hommages et slogans hostiles aux États-Unis et à Israël.

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