Le détroit d’Ormuz est le théâtre d’une accélération brutale des tensions maritimes. Entre informations contradictoires et opacité sur le terrain, les médias iraniens ont confirmé l’attaque d’un pétrolier qui aurait refusé d’obtempérer aux avertissements des Gardiens de la Révolution. Le navire, gravement endommagé, serait en train de couler.
Un théâtre d’opérations sous haute tension
Le Centre de sécurité maritime du Sultanat d’Oman a confirmé que le pétrolier « SKYLIGHT » a été directement visé à 5 milles marins au nord du port de Khasab (province de Musandam). Ces faits concordent avec les rapports de l’agence britannique UKMTO signalant un incident au nord de la zone d’Oman. Des vidéos authentifiées circulant sur les réseaux sociaux montrent le navire en proie aux flammes sous plusieurs angles.
Selon l’agence Reuters, la menace s’étend à l’ensemble du trafic : les Gardiens de la Révolution auraient diffusé des messages radio interdisant tout passage dans le détroit. Conséquence immédiate : environ 150 navires transportant du pétrole et du gaz sont actuellement à l’arrêt dans les eaux du Golfe, dans l’attente d’une clarification de la situation.
Les conséquences économiques : Le scénario du pire
Interrogé par Belpresse, l’expert économique Rachid Sari souligne que la fermeture de ce passage stratégique — par lequel transitent 20 millions de barils par jour (soit 20 % de la consommation mondiale) — provoquerait un séisme économique :
Explosion des coûts de transport : Le détour par le Cap de Bonne-Espérance allongerait les trajets de 8 000 à 10 000 km, entraînant une hausse des tarifs de fret maritime de 30 % à 50 %.
Envolée des prix de l’énergie : Les cours du pétrole pourraient bondir entre 120 et 160 dollars le baril, tandis que le prix du gaz naturel pourrait grimper de 60 % à 70 %, l’Asie étant totalement dépendante de ce passage.
Assurances et inflation : Les primes d’assurance maritime augmenteraient d’au moins 25 %. Globalement, ce choc pourrait ajouter 2 à 3 points d’inflation au niveau mondial, affectant le prix des denrées alimentaires et des matières premières (métaux pour l’automobile et l’électronique).
Quel impact pour le Maroc ?
Pour Rachid Sari, le Maroc n’est pas à l’abri de cette onde de choc. En tant que pays non producteur important plus de 90 % de ses besoins énergétiques, le Royaume ferait face à :
Une hausse massive de la facture pétrolière.
Une pression accrue sur les réserves en devises.
Une « inflation importée » touchant les produits de base et les matières premières nécessaires à l’industrie nationale.
L’expert conclut que ce scénario, autrefois jugé improbable, est devenu une réalité tangible. Si les tensions persistent plus d’une semaine, la crise s’enracinera, rendant le monde entier dépendant d’une éventuelle réouverture du détroit.





