Un rapport du Conseil scientifique régional de Casablanca-Settat, daté du 20 février 2026, dresse un inventaire sans précédent des manquements au sein des lieux de culte. Avec plus de 1 500 infractions recensées, l’institution religieuse tape du poing sur la table pour préserver les spécificités du rite marocain.
Le « Qabd », point de rupture avec la tradition
C’est un chiffre qui interpelle : sur les 1 528 infractions signalées par les services du ministère des Habous et des Affaires islamiques, 1 313 concernent la pratique du « Qabd » (le fait de croiser les mains pendant la prière). Dans un pays où le rite malékite et la pratique du « Sadl » (bras le long du corps) constituent le socle de l’identité religieuse, cette statistique témoigne d’une influence croissante de courants exogènes au sein même du corps des préposés religieux.
Pour le Conseil scientifique, il ne s’agit pas d’un simple détail liturgique, mais d’une dérogation aux usages séculaires du Royaume. Mohamed Machane, président du Conseil régional, est catégorique : ces pratiques constituent une sortie du cadre historique et institutionnel des mosquées marocaines.
Une liste exhaustive de manquements
Au-delà de la gestuelle rituelle, le rapport passe au crible l’ensemble des obligations professionnelles des imams et muezzins. La hiérarchie religieuse pointe notamment :
L’esthétisme de l’Adhan : 27 cas d’appels à la prière jugés trop mélodieux ou « chantés », s’éloignant de la sobriété requise.
Le protocole liturgique : Le délaissement du Hizb Ratib (lecture collective du Coran) et l’absence d’invocations post-prière (Douâa), deux piliers de l’encadrement spirituel marocain.
La tenue vestimentaire : 27 signalements pour tenue inappropriée, incluant le non-respect du port de la Djellaba, du Selham ou du couvre-chef traditionnel, symboles de la dignité de la fonction.
Recadrage et formation continue
Face à ce que le Conseil qualifie d’« infractions de premier degré », la réponse institutionnelle se veut ferme mais pédagogique. L’heure n’est pas encore aux sanctions disciplinaires lourdes, mais à un vaste plan de réencadrement.
Les préposés incriminés seront convoqués pour des entretiens individuels et des sessions de formation basées sur le « Guide de l’Imam et du Prêcheur ». Sous la supervision des Mourchidines, l’objectif est clair : ramener l’ensemble des mosquées de la métropole et de sa région dans le giron de la « Voie marocaine », garante de la stabilité spirituelle et de l’unité du rite.






