Un rapport académique récent publié par le Centre de Barcelone pour les affaires internationales (CIDOB) indique que la question du Sahara ne constitue pas une priorité stratégique majeure pour la Russie ni pour la Chine, malgré les relations étroites qu’elles entretiennent avec l’Algérie, qui place ce dossier au cœur de sa politique étrangère.
Le rapport souligne que l’abstention de Moscou et de Pékin lors du vote de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025, confirme cette lecture. Cette position traduirait une conviction stratégique selon laquelle ce dossier ne justifie pas une confrontation directe avec les États-Unis au service des intérêts algériens.
Selon le document, l’absence de recours au droit de veto n’était pas fortuite, mais résulte de calculs précis visant à éviter une escalade avec Washington sur un dossier qui ne touche pas aux intérêts vitaux immédiats de la Russie ou de la Chine. Concernant Moscou, bien que l’Algérie soit considérée comme un partenaire militaire clé et un client important pour son industrie de défense, les autorités russes ont préféré ne pas élargir le champ des tensions au sein du Conseil de sécurité.
Pour sa part, la Chine, qui développe des relations économiques croissantes avec le Maroc dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », a adopté une approche pragmatique similaire, veillant à préserver l’équilibre de ses relations avec Rabat et Alger.
Le rapport estime que cette attitude reflète la nature du système international actuel, où les considérations géopolitiques et économiques priment sur les logiques d’alignement idéologique, même entre partenaires supposés partager des positions proches sur plusieurs dossiers.
Il relève également que la résolution 2797 marque un tournant qualitatif dans l’approche du conflit, en mentionnant explicitement que l’autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer la solution la plus viable. Le texte considère que cette évolution renforce la position du Maroc en tant que partenaire privilégié des États-Unis en Afrique du Nord, dans un contexte de recomposition des équilibres régionaux après les accords d’Abraham.
Enfin, le rapport indique que les États-Unis ont récemment lancé une série de négociations directes entre les parties au conflit à leur ambassade à Madrid, en présence du ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, ainsi que de ses homologues algérien et mauritanien, et d’un représentant du Front Polisario, afin de discuter de la proposition d’autonomie avancée par le Maroc.
Deux réunions se sont tenues les 8 et 9 février, sans que leurs détails ne soient rendus publics. Le conseiller du président américain, Massad Boulos, a toutefois indiqué que les négociations se poursuivraient, laissant entendre que les discussions restent en cours en vue de parvenir à une formule finale concernant la mise en œuvre de l’autonomie au Sahara.






