En marge de la décision du gouvernement de retirer le projet de décret-loi n° 2.26.135, le jeudi 19 février, à l’issue de son conseil de gouvernement — une décision qui a suscité une large polémique au sein du corps journalistique — le ministre Mohamed Mehdi Bensaid a déclaré, lors d’une conférence de presse dédiée à l’autorégulation du secteur, que le Conseil National de la Presse (CNP) sera prêt à fonctionner en mai.
Cette déclaration soulève des interrogations sur la pertinence du délai accordé, d’autant plus si aucune session extraordinaire du Parlement n’est tenue avant la session ordinaire d’avril. Cela pourrait rendre le temps disponible extrêmement court pour finaliser toutes les exigences procédurales et techniques, et garantir la rédaction d’un texte juridique consensuel, doté de toutes les garanties institutionnelles et professionnelles.
Dans ce contexte, Abdelkbir Akhchichine, président du Syndicat National de la Presse (SNPM), a affirmé que ce retrait reflète « l’existence d’une faille dans la méthodologie de travail » au sein du gouvernement. Il a souligné que l’autorégulation de la presse « n’est pas un dossier technique que l’on gère par réaction ou par gestion conjoncturelle, mais un chantier institutionnel qui exige une large concertation, une stabilité des choix et le respect du principe d’indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif ».
Dans une déclaration accordée à « Belpresse », Akhchichine a indiqué que l’absence d’une approche participative, pourtant légitimée par la Constitution, est la cause directe de cette confusion. Il a précisé que le rôle du gouvernement dans ce dossier est de faciliter l’autorégulation des professionnels et non d’intervenir dans la définition de leur vision.
L’intervenant a ajouté que les lacunes dans ce rôle ont mené à des interventions unilatérales et à un parti pris pour une vision unique, ce qui a entravé l’aboutissement d’un consensus professionnel global. Le président du syndicat a souligné que le recours à un décret-loi sur un sujet lié à l’autorégulation pose des « problèmes philosophiques et éthiques ». Il estime que la formule simple proposée précédemment par le syndicat suffisait à garantir la continuité administrative et financière du Conseil. Il a ajouté que le maintien de l’approche précédente, visant à pérenniser la Commission provisoire, accentue le sentiment de désarroi dans le secteur, alors que ce chantier devrait reposer sur le consensus professionnel et la législation ordinaire plutôt que sur des solutions exceptionnelles.
Concernant le calendrier fixé par le ministre Mohamed Mehdi Bensaid, Akhchichine estime que le pari semble difficile à tenir au vu des complexités actuelles. Il insiste sur le fait que la priorité doit être la rédaction d’un texte juridique respectant l’essence de l’autorégulation, garantissant l’indépendance du Conseil de toute tutelle administrative ou gouvernementale, et préservant l’équilibre entre les différentes composantes de la profession.
Abdelkbir Akhchichine a conclu ses propos en déclarant : « La priorité aujourd’hui n’est pas d’accélérer la procédure de manière formelle, mais de rétablir la confiance, de corriger la méthodologie et d’ouvrir un dialogue professionnel aboutissant à un texte consensuel et stable. » Il a averti que la production d’un nouveau texte sans consensus pourrait ouvrir la voie à une nouvelle polémique et accroître l’état de confusion au sein du secteur.






