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Importations au Maroc : Une hausse de 16 % qui bouscule l’industrie

À la fin du mois de novembre 2025, l’économie marocaine affiche une dynamique marquante au niveau des importations, enregistrant une hausse de 16 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Cette croissance soulève des interrogations sur les causes de cette envolée, ses répercussions sur l’équilibre commercial, son impact sur l’investissement local, ainsi que les conséquences logistiques et les coûts de transport pour les ports.

Dans ce contexte, l’analyste économique Khaled Ashiban a souligné que l’augmentation de la facture énergétique constitue un facteur déterminant, expliquant que le Maroc, n’étant pas producteur de pétrole ou de gaz, dépend fortement de l’importation de ces ressources. Il a ajouté que la sécheresse a également contribué à accroître le besoin d’importer des denrées alimentaires de base, telles que le blé et le sucre, et même des bovins et des ovins qui étaient produits localement lors des années de pluviométrie favorable.

À travers une déclaration accordée à « Belpresse », Ashiban a aussi indiqué que l’absence de stratégies industrielles claires dans certains secteurs a limité la capacité à renforcer les exportations, creusant ainsi le déficit commercial. Le taux de couverture des importations par les exportations est ainsi passé de 59 % l’année dernière à 57 % actuellement.

L’intervenant a affirmé que cette situation se reflète directement sur le déficit de la balance commerciale, ce qui impose au gouvernement de revoir ses politiques commerciales et industrielles. Il a noté que certains accords de libre-échange n’ont pas été suffisamment étudiés, contribuant à l’aggravation du déficit avec certains pays, comme la Turquie et l’Égypte, qui profitent davantage de leurs exportations vers le Maroc que le Maroc ne profite de l’exportation de ses propres produits vers eux.

Selon Ashiban, il est possible de transformer cette dynamique en gains durables en renforçant la production locale dans des secteurs tels que les industries agroalimentaires, le textile, le bois et l’électronique, et ce, en attirant les investissements et en soutenant l’industrialisation. Il préconise également une révision des accords de libre-échange pour les rendre plus équilibrés au service des exportations marocaines.

L’analyste a par ailleurs insisté sur l’importance d’améliorer la performance industrielle pour réduire la dépendance à l’importation, ce qui contribuerait à élever le niveau de souveraineté économique et à réduire la pression sur la balance commerciale et les ports. Il a conclu en affirmant que « l’amélioration de la capacité industrielle du Maroc réduira le volume des importations, créera de nouvelles opportunités d’investissement et rendra l’économie plus résiliente face aux chocs externes, tels que les fluctuations des prix de l’énergie et la sécheresse. »

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