Par Pr. Dr-Eng. Ahmed BOUTAMO, PhD. Conseiller Indépendant du Président français.
La 6ᵉ session de la Haute Commission mixte Maroc Bahreïn, tenue dans le Sahara marocain, n’a rien d’un rendez-vous protocolaire. C’est une séquence diplomatique calibrée, à la fois hautement symbolique et très opérationnelle, qui s’inscrit dans la continuité de la diplomatie royale de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, une diplomatie de stabilité, de partenariats utiles, et d’alliances qui se traduisent en résultats concrets.
1) Ce qui s’est joué à Laâyoune, le passage du “politique” à l’“exécutable”
Le cœur de l’événement, ce ne sont pas les déclarations c’est la signature d’accords et de mémorandums. Le Maroc et le Bahreïn ont acté plusieurs instruments sur des sujets précis,
• exemption de visa pour détenteurs de passeports diplomatiques ;
• exemption de visa pour passeports spéciaux et de service ;
• coopération douanière ;
• agriculture, élevage et sécurité alimentaire ;
• retraite et sécurité sociale, via un cadre de coopération entre institutions. 
Ces textes peuvent sembler techniques, mais ils disent une chose simple, la relation bilatérale ne s’affiche pas, elle s’outille. Dans les relations internationales, ce sont ces “outils” qui créent la durée, ils structurent la mobilité des responsables, accélèrent les échanges économiques, sécurisent des priorités nationales (comme l’alimentaire), et stabilisent la coopération institutionnelle.
2) Pourquoi Laâyoune compte : la géographie comme langage diplomatique
Le choix de Laâyoune relève d’une diplomatie de présence. Il ne s’agit pas d’un décor, mais d’un signal politique tenir une commission bilatérale de ce niveau dans les provinces du Sud ancre la coopération dans une géographie assumée, cohérente avec la vision stratégique du Royaume. Le ministre Nasser Bourita a d’ailleurs insisté sur la “forte portée symbolique” de cette tenue à Laâyoune.
Cette logique est typique de la diplomatie royale, faire converger la souveraineté, l’action et la crédibilité. Le Maroc ne se contente pas d’énoncer des principes ; il installe des rendez-vous, des institutions et des partenaires dans des lieux qui incarnent le choix politique du Royaume.
3) Le “cœur dur” des accords, mobilité, douanes, sécurité alimentaire, protection sociale
Pourquoi ces thèmes précisément ? Parce qu’ils correspondent aux priorités réelles d’un monde sous tension :
• Mobilité officielle (visas), ce n’est pas “symbolique”, c’est un accélérateur administratif. Les délégations circulent plus vite, les réunions s’enchaînent, les dossiers se traitent sans friction. 
• Douanes : la douane, c’est la colonne vertébrale du commerce moderne. Coopérer à ce niveau, c’est travailler sur la fluidité, la conformité, et la sécurité des échanges.
• Sécurité alimentaire, l’agriculture n’est plus un simple secteur ; c’est une question de souveraineté et de stabilité. Coopérer ici, c’est investir dans la résilience.
• Retraite & sécurité sociale, cette dimension “sociale” est un marqueur fort. Elle traduit une relation de confiance institutionnelle, pensée pour durer. 
En somme, l’architecture signée à Laâyoune se lit comme un paquet “efficacité + résilience + long terme”.
4) Le message régional, un partenariat du Golfe qui renforce la constance marocaine
Dans le Golfe, les alliances se mesurent à deux critères la constance et la capacité à faire aboutir des coopérations concrètes. Ici, la Haute Commission mixte coche les deux cases. Et l’élément politique le plus net est la réaffirmation, côté bahreïni, du soutien à l’intégrité territoriale et à la souveraineté du Maroc sur son Sahara position déjà installée dans la durée, Bahreïn disposant d’un consulat à Laâyoune depuis 2020.
Ce point est important, il montre que la diplomatie marocaine ne s’arrête pas au “moment” médiatique ; elle s’inscrit dans une stratégie de consolidation progressive, où chaque séquence renforce la précédente.
5) Ce qu’il faut surveiller maintenant les livrables
Le vrai test d’une commission mixte n’est pas la signature, mais la mise en œuvre. Les prochains indicateurs à suivre seront
• l’entrée en vigueur effective des exemptions de visa (calendrier, modalités) ;
• les mécanismes opérationnels douaniers (échanges d’informations, simplification, coordination) ;
• les projets agricoles et de sécurité alimentaire (programmes, investissements, partenariats techniques) ;
• la traduction institutionnelle du volet retraite/sécurité sociale (cadres de travail, coopération entre organismes).
Conclusion. La séquence de Laâyoune résume une ligne diplomatique la diplomatie royale de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, avance par alliances solides, actes institutionnels et partenariats utiles. Elle transforme le symbole en mécanisme, et le mécanisme en influence durable.






