Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a averti ce mardi 17 février 2026 que son pays est capable de couler un porte-avions américain naviguant dans le Golfe, alors même que débutent à Genève des négociations indirectes entre Washington et Téhéran.
« Nous entendons sans cesse » que les États-Unis « ont envoyé un navire de guerre vers l’Iran », a déclaré Khamenei, ajoutant : « Le navire de guerre est dangereux, sans aucun doute, mais ce qui est encore plus dangereux, c’est l’arme capable de le couler ».
Par ailleurs, l’Iran a réaffirmé que tout accord nucléaire avec les États-Unis doit inclure la levée des sanctions américaines. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré dans une vidéo diffusée par la chaîne officielle anglophone Press TV : « La levée des sanctions fait partie intégrante de tout accord sur le dossier nucléaire ».
Les négociations indirectes ont repris pour une deuxième session à Genève, sous l’égide de la diplomatie omanaise, alors que Washington menace d’une action militaire et que Téhéran prône un « réalisme accru » de la part des États-Unis concernant le nucléaire iranien.
En parallèle du renforcement de sa présence militaire au Moyen-Orient, Washington fait face à des menaces de riposte immédiate de Téhéran. Le Corps des Gardiens de la Révolution a entamé des manœuvres dans le détroit d’Ormuz dès lundi.
Après d’intenses efforts diplomatiques régionaux, les négociations indirectes entre Téhéran et Washington ont débuté le 6 février à Mascate. L’ancien président Donald Trump a maintenu des pressions sur l’Iran, précisant qu’il participerait « indirectement » aux pourparlers, tout en affirmant : « Je ne pense pas qu’ils souhaitent assumer les conséquences d’un échec d’accord ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à la tête de la délégation iranienne, s’est entretenu lundi avec son homologue omanais, Badr Bin Hamad Al Busaidi. La diplomatie iranienne a souligné la détermination de Téhéran à mener une diplomatie « fondée sur les résultats » pour protéger ses intérêts et droits, ainsi que pour garantir la paix et la stabilité régionale.
La délégation américaine est dirigée par l’envoyé de Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré lundi : « Nous espérons parvenir à un accord ».
Ces pourparlers, médiés par Oman entre les délégations iranienne et américaine, sont les premiers depuis l’échec des négociations de l’an dernier et la guerre menée par Israël contre l’Iran en juin 2025, à laquelle les États-Unis ont participé par des frappes sur des installations nucléaires iraniennes.
L’Iran insiste pour limiter les discussions au seul dossier nucléaire, réfutant les accusations occidentales de recherche d’arme nucléaire. Les États-Unis et plusieurs pays occidentaux estiment qu’un accord devrait aussi aborder le programme balistique iranien et le soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël.
En outre, Baghai a souligné que la position américaine devenait « plus réaliste » et que les droits inaliénables de l’Iran au titre du Traité de non-prolifération nucléaire, incluant l’usage pacifique de l’énergie nucléaire et l’enrichissement de l’uranium, étaient désormais reconnus.






