La ville de Ksar El-Kébir traverse une situation hydrologique extrêmement critique, avec une hausse continue du niveau des eaux dans plusieurs de ses quartiers depuis les premières heures du jeudi matin. Cette crise est alimentée par deux facteurs simultanés : la pluie intense et les débits exceptionnels déversés par le barrage de Oued Makhazine vers l’Oued Loukkos.
Selon des sources locales, certaines zones basses, notamment le quartier Marina, ont enregistré des niveaux d’eau proches de 80 millimètres, avec une tendance à la hausse en raison de la poursuite des précipitations dans les bassins versants alimentant le barrage, notamment depuis les hauteurs de Ouazzane et Chefchaouen.
Les infrastructures d’assainissement sont dépassées : le débordement de l’Oued Loukkos entraîne un retour des eaux dans le tissu urbain, au lieu de les évacuer, plaçant la ville dans une situation critique. Les pluies cumulées ont dépassé 70 mm en moins de 24 heures, soit bien au-dessus de la moyenne saisonnière, mettant une pression inédite sur les réseaux d’assainissement et les infrastructures hydrauliques, surtout dans les zones basses.
Le barrage de Oued Makhazine a été placé en mode de déversement automatique après avoir atteint sa capacité maximale, avec des débits dépassant 1100 m³/seconde par moments, un chiffre record témoignant de l’ampleur du flux reçu et du risque élevé pour les prochaines heures.
Sur le terrain, la ville est quasi isolée, la plupart des voies d’accès étant coupées, à l’exception de la route de Tiftaft, devenue centre opérationnel pour les équipes de secours et les autorités coordonnant l’évacuation et l’aide humanitaire.
La majorité des habitants a été transférée vers des centres d’accueil sécurisés, tandis qu’un petit nombre refuse l’évacuation ou se cache chez eux, exposant ces personnes à des risques graves, aggravés par l’interruption totale de l’eau et de l’électricité.
Le maire de Ksar El-Kébir, Mohamed Simou, a indiqué que l’évacuation totale avait été décidée de manière préventive, dans un souci de protection des vies humaines, et que le déversement du barrage se fait de manière progressive et contrôlée, avec un suivi précis de l’évolution des niveaux d’eau et de l’impact sur les infrastructures critiques.
Les centres d’accueil ont été équipés pour garantir la dignité et les besoins essentiels des familles déplacées, avec un suivi rigoureux pour assurer la distribution équitable de l’aide. Des comités de coordination à Tanger supervisent la réception, le tri et l’acheminement des secours, afin de prévenir tout dysfonctionnement ou exploitation abusive dans ce contexte sensible.
Cette mobilisation exceptionnelle intervient dans un contexte climatique extrême, marqué par des pluies abondantes et le dépassement de la capacité du barrage, justifiant un plan d’urgence et d’évacuation préventive pour limiter tout risque pour la populatio






