Figure majeure de la chanson marocaine moderne, Abdelhadi Belkhayat s’est éteint ce vendredi 30 janvier 2026 à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui un héritage artistique profondément ancré dans la mémoire collective nationale.
Voix puissante et immédiatement reconnaissable, Belkhayat aura marqué plusieurs générations par un répertoire alliant poésie, profondeur spirituelle et raffinement musical. Parmi ses œuvres les plus emblématiques figure « Qitar Al-Hayat » (Le Train de la vie), chanson méditative devenue symbole de son parcours et de sa vision de l’existence.
Né en 1940 à Fès, en pleine période de disette, il grandit dans un contexte social difficile avant de se révéler au début des années 1960 à la radio nationale, au cœur de l’âge d’or de la chanson marocaine. Aux côtés de grands noms comme Abdelwahab Doukkali et Mohamed Hayani, il contribue à façonner la chanson moderne à travers des titres devenus cultes tels que Rmoch, Al-Hatif, Al-Miâd ou encore Al-Munfarija.
Sa carrière s’étend également au cinéma, avant qu’il ne choisisse, en 2012, de se retirer de la scène pour se consacrer à une vie spirituelle. Ses rares retours, notamment lors du Festival Mawazine et du Festival de Fès des musiques sacrées, ont ravivé l’émotion intacte du public.
Avec la disparition d’Abdelhadi Belkhayat, le Maroc perd une voix, une école et une certaine idée de la chanson, empreinte de pudeur, de lyrisme et de profondeur. Son œuvre, elle, demeure — éternelle.
Décès d’Abdelhadi Belkhayat, monument de la chanson marocaine






