Dans un fait inédit, les médias officiels algériens ont soigneusement évité de mentionner la visite de Massad Boulos, principal conseiller du président américain Donald Trump, en déplacement à Algérie pour la deuxième fois en l’espace de quelques semaines.
L’Agence de presse algérienne s’est limitée à la publication d’un entrefilet d’une seule phrase, repris depuis la page officielle de l’ambassade des États-Unis à Alger, comme s’il s’agissait d’une visite effectuée dans un pays tiers, sans lien direct avec les enjeux régionaux sensibles.
Selon la communication de la représentation diplomatique américaine, Massad Boulos se serait rendu en Algérie dans le cadre d’un « travail conjoint en faveur de la paix et de la prospérité dans la région ».
Il convient de rappeler que lors de sa précédente visite à Alger, le conseiller américain avait publiquement affirmé que le président Donald Trump considère la question du Sahara comme définitivement tranchée, estimant que le Sahara est marocain, une position irréversible que les États-Unis entendent désormais appliquer de manière cohérente à l’ensemble de leurs institutions, représentations diplomatiques, ainsi qu’au sein des organisations internationales et régionales.
Toutefois, pour de nombreux observateurs des dynamiques politiques régionales, la mission actuelle de Massad Boulos revêt une portée autrement plus décisive. Elle viserait à transmettre, de manière directe et sans ambiguïté, une position finale de l’administration américaine à l’égard du pouvoir réel en Algérie, en particulier l’institution militaire, quant à la nécessité d’un engagement clair et effectif dans le règlement du différend autour du Sahara, sur la base exclusive du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine.
Cette démarche s’inscrirait dans le prolongement des récentes discussions menées à Washington avec une délégation du Front Polisario, à laquelle l’administration Trump aurait fait comprendre que l’acceptation du plan marocain constitue désormais l’unique cadre politique crédible, toute autre option étant considérée comme hors du champ des solutions envisageables.
La visite de Massad Boulos à Alger — suivie, selon plusieurs sources, d’un déplacement imminent à Rabat — intervient dans un contexte hautement symbolique, marqué par la signature par le Maroc du pacte fondateur du Conseil pour la paix, aux côtés de la première puissance mondiale, les États-Unis.
Ce nouveau cadre stratégique ouvre, selon les analystes, une porte claire à l’adhésion de l’Algérie à ce Conseil, à condition qu’elle contribue concrètement et sans délai à la résolution du conflit du Sahara, en dépassant les logiques de blocage et en participant activement à l’instauration d’une paix durable et effective dans l’ensemble de la région.






