Les familles d’élèves scolarisés dans les établissements français à gestion directe du réseau Rabat–Kénitra font part de leur vive inquiétude face aux orientations budgétaires annoncées à partir de 2026, des mesures qui, selon elles, instaurent une pression financière sans précédent sur les parents et menacent l’équilibre même du modèle de l’enseignement français à l’étranger.
Au cœur des préoccupations figure la volonté de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) de faire supporter aux familles une part significative du financement des pensions civiles des enseignants fonctionnaires français. Une charge qui relève historiquement et légalement de l’État français, et dont le transfert progressif vers les budgets des établissements est perçu comme un désengagement inacceptable.
Pour les parents, ces décisions constituent une remise en cause manifeste des fondements de la coopération éducative franco-marocaine. Elles portent également atteinte aux principes qui structurent l’enseignement français à l’étranger, à savoir l’égalité d’accès, la mixité sociale et la mission de service public.
À ce transfert de charges s’ajoute une série de mesures jugées particulièrement lourdes de conséquences. Il est notamment prévu l’instauration d’un droit annuel d’inscription fixé à 4 000 dirhams dès 2026, avec une projection à 7 000 dirhams dans les années suivantes. Parallèlement, les frais de scolarité connaîtraient une augmentation mécanique de 4 % par an jusqu’en 2029, tandis que les droits de première inscription passeraient de 25 000 à 30 000 dirhams. À cela s’ajoutent des restrictions budgétaires susceptibles d’entraîner des gels, voire des suppressions de postes, au détriment de la qualité de l’enseignement.
Face à cette accumulation de décisions, les familles refusent que les choix budgétaires de l’AEFE et le recul de l’engagement financier de l’État français se traduisent par une exclusion progressive des ménages, une fragilisation de la mixité sociale et une dénaturation de la vocation du réseau éducatif français au Maroc.
Dans ce contexte, les parents formulent plusieurs revendications claires : l’abandon immédiat du transfert des pensions civiles vers les budgets des établissements, l’arrêt des hausses tarifaires annoncées, ainsi que l’ouverture, sans délai, d’un dialogue réel, transparent et responsable avec les représentants des parents et des personnels.
Déterminées à se faire entendre, les familles affirment leur volonté de rester mobilisées et unies afin de défendre l’avenir de l’enseignement français au Maroc et le respect des engagements internationaux de la France en matière de coopération éducative.






