Par le Pr. Dr-Eng. Ahmed BOUTAMO, PhD. Conseiller Indépendant du Président de la République française.
On parlera d’exploit. J’y vois surtout un audit grandeur nature, la capacité d’un État et de son industrie à concevoir, certifier et opérer un système critique, sans droit à l’erreur.
Artemis II, c’est la mise à l’épreuve de SLS et d’Orion en campagne réelle, sur une mission d’environ dix jours, avec un survol lunaire en trajectoire de retour libre. L’objectif est de valider, en conditions opérationnelles, la navigation, les communications, la chaîne thermique, la sûreté, la robustesse des procédures, et la gestion des anomalies.
Ce qui est en jeu dépasse la symbolique. Cette mission signale une montée en puissance industrielle et stratégique, réindustrialisation de chaînes complexes, intégration et assurance qualité, traçabilité, culture de la sûreté, redondances, résilience, et convergence technologique entre civil et défense, notamment sur les matériaux, les capteurs, les systèmes embarqués et l’IA.
La question clé n’est pas seulement “peut-on retourner vers la Lune ?”. La vraie question est, qui sait encore maîtriser la complexité, à l’échelle, dans la durée, et sous contrainte extrême ?






