L’Office national des chemins de fer (ONCF) a consacré une enveloppe budgétaire conséquente à la modernisation, à l’extension et à la maintenance de son système de vidéosurveillance à travers l’ensemble de son réseau de gares et d’infrastructures. Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’appel d’offres ouvert n° 25F049, portant sur l’acquisition et l’installation de centaines de caméras aux spécifications techniques avancées, ainsi que sur des prestations de maintenance et de support technique.
Selon les données de l’appel d’offres, le coût prévisionnel global des travaux et services dépasse 21,6 millions de dirhams, soit plus de 2,16 milliards de centimes, répartis autour de trois axes majeurs : l’extension de l’infrastructure de vidéosurveillance, la maintenance du parc existant, et le support technique de la plateforme VMS Milestone.
Le dossier technique précise que le projet comprend l’acquisition et l’installation de centaines de caméras haute définition, parmi lesquelles figurent des caméras extérieures de type Bullet pouvant atteindre une résolution de 8 mégapixels, équipées de systèmes infrarouges pour la surveillance des périmètres extérieurs, ainsi que des caméras de 4 mégapixels destinées aux zones sensibles, notamment les lignes ferroviaires à grande vitesse. Le projet inclut également des caméras à large angle de vision pour couvrir les ateliers, quais, passages et zones périphériques.
Le cahier des charges prévoit aussi des caméras de type DOME, destinées aux espaces intérieurs et extérieurs, avec des résolutions allant de 2 à 8 mégapixels, adaptées aux halls des grandes gares, aux entrepôts, couloirs et entrées. À cela s’ajoutent des caméras multi-capteurs de 12 mégapixels pour les zones complexes, des caméras panoramiques à 360 degrés pour les espaces ouverts, des caméras motorisées de type PTZ pour une surveillance dynamique, ainsi que des caméras thermiques longue portée, conçues pour fonctionner dans des conditions de faible luminosité ou d’obscurité totale.
Le projet englobe également l’acquisition de centaines de supports de fixation adaptés à différentes configurations (poteaux de grande et petite taille, installations murales, suspendues ou encastrées), ainsi que des convertisseurs Ethernet à fibre optique, des injecteurs d’alimentation électrique PoE de différentes puissances, et 500 licences logicielles Milestone XProtect Corporate destinées à la gestion centralisée du système de vidéosurveillance.
L’appel d’offres ne se limite pas à la fourniture et à l’installation des équipements. Il inclut également la maintenance préventive et corrective, avec des inspections périodiques semestrielles de l’ensemble des caméras et installations, des interventions pour la réparation des pannes et le remplacement des équipements, câbles et accessoires défectueux, ainsi qu’un support technique continu pour la plateforme VMS, ses mises à jour et la gestion des incidents affectant plus de 4 000 caméras et dispositifs connectés au système central.
Des prestations complémentaires sont également prévues, notamment les travaux de câblage, l’installation de boîtiers de protection extérieure, le démontage des équipements obsolètes, ainsi que des programmes de transfert de compétences et de formation au profit des cadres de l’ONCF dans les domaines de l’analyse vidéo et de la gestion des systèmes de surveillance.
Dans une lecture critique de l’ampleur de l’enveloppe financière allouée, un expert en systèmes de sécurité et de surveillance numérique, cité par Hashtag, estime qu’un budget dépassant 2,16 milliards de centimes par an classe ce marché parmi les grands marchés publics, appelant ainsi à un niveau élevé de transparence et de concurrence. Il souligne que les prix internationaux des équipements de vidéosurveillance ont connu une baisse notable ces dernières années, ce qui soulève des interrogations quant à la proportionnalité du coût estimatif par rapport au volume des équipements et services requis.
Selon le même expert, le fait de regrouper la fourniture, l’installation, la maintenance et le support technique dans un marché unique pourrait restreindre l’accès de nouveaux opérateurs et contribuer à l’augmentation de la facture finale. Il plaide, à cet égard, pour une segmentation future de ce type de projets, afin de renforcer la concurrence et de mieux préserver les deniers publics.
Cette opération remet ainsi au premier plan le débat public sur l’équilibre entre la nécessité de renforcer la sécurité des infrastructures stratégiques et l’impératif de rationalisation des dépenses publiques et de bonne gouvernance des grands marchés, dans un contexte économique marqué par une pression accrue sur le budget de l’État et des exigences croissantes en matière de transparence et de redevabilité.





