Dans un contexte international durablement marqué par l’instabilité, la fragmentation géopolitique et la persistance des incertitudes économiques, l’économie nationale continue d’affirmer, d’année en année, sa capacité à absorber les chocs, à s’adapter aux mutations et à renforcer ses fondements structurels. Selon le budget économique prévisionnel pour l’année 2026, publié par le Haut-Commissariat au Plan, le Maroc s’engage dans une nouvelle phase de consolidation et d’expansion maîtrisée, avec un taux de croissance attendu de 5 % en 2026, contre 4,7 % en 2025, consacrant ainsi la quatrième année consécutive d’accélération de l’activité économique.
Cette trajectoire ascendante repose sur un équilibre structurel entre la reprise significative du secteur agricole, la résilience soutenue des activités non agricoles, et la solidité de la demande intérieure, portée par l’investissement et par la mise en œuvre de grands projets structurants. Dans ce contexte, la croissance du produit intérieur brut devrait atteindre 6,3 % en 2026, tandis que l’inflation resterait fermement maîtrisée, à 1,3 %, après 1,9 % en 2025, traduisant une amélioration sensible des équilibres macroéconomiques et un raffermissement de la stabilité des prix.
Le secteur agricole s’affirme comme l’un des leviers majeurs de cette dynamique, avec une croissance projetée de 10,4 % en 2026, après 4,5 % en 2025. Cette performance est imputable à l’amélioration des conditions climatiques, à une meilleure répartition des précipitations, à la reconstitution progressive des ressources hydriques, ainsi qu’à la mise en œuvre de programmes structurels d’envergure, notamment le programme national de reconstitution du cheptel.
Cette évolution se traduit par une accélération marquée de la croissance du secteur primaire, attendue à 10 % en 2026, contre 3,7 % l’année précédente, avec une contribution au taux de croissance nationale portée de 0,4 à 1,1 point.
Parallèlement, les activités non agricoles continuent d’afficher une robustesse notable, avec une croissance estimée à 4,3 % en 2026, après 4,5 % en 2025. Cette performance reflète la bonne tenue de l’industrie, la poursuite de la dynamique du bâtiment et des travaux publics, ainsi que la vitalité persistante des services marchands. Le secteur secondaire devrait ainsi enregistrer une croissance proche de 4,2 %, tandis que le secteur tertiaire conservera une place centrale, avec une contribution évaluée à 2,3 points du PIB.
Les signaux de reprise sont également perceptibles dans plusieurs secteurs stratégiques. Le tourisme, notamment les activités d’hébergement et de restauration, devrait afficher une croissance de 9,7 % en 2025, avec une poursuite de la tendance favorable en 2026, soutenue par l’augmentation des arrivées touristiques, la solidité des recettes de voyage et les efforts continus de promotion du Maroc comme destination de référence.
Le secteur du transport et de l’entreposage devrait connaître une accélération sensible, avec une croissance attendue de 5,3 % en 2026, portée par l’extension des capacités portuaires et aéroportuaires, la reprise du trafic aérien, ainsi que le dynamisme des transports ferroviaire et maritime.
La demande intérieure demeure le pilier fondamental de la croissance économique, avec une progression prévue de 5,7 % en 2026, après 8 % en 2025, contribuant à hauteur de 6,3 points à la croissance du PIB.
La consommation des ménages poursuivrait son évolution positive, avec une hausse estimée à 4,1 %, soutenue par l’amélioration des revenus salariaux, la reprise des revenus agricoles, l’atténuation des pressions inflationnistes et l’élargissement des dispositifs d’aides sociales directes. La consommation de l’administration publique progresserait, pour sa part, de 5,7 %, renforçant son effet d’entraînement sur l’activité économique globale.
L’investissement continue de jouer un rôle stratégique dans la transformation de l’économie nationale. L’investissement brut devrait croître de 8,7 % en 2026, après une hausse exceptionnelle de 16,3 % en 2025, portant le taux d’investissement à 32,2 % du PIB. Le taux d’épargne nationale atteindrait 30,3 %, soutenu par le développement de mécanismes de financement innovants, dont l’encours excède 109,6 milliards de dirhams. Ces performances reflètent l’impact des réformes structurelles majeures, de la nouvelle Charte de l’investissement, ainsi que des préparatifs liés aux grands rendez-vous internationaux, au premier rang desquels figure la Coupe du monde 2030.
Sur le plan des finances publiques, les indicateurs confirment une trajectoire graduelle de consolidation budgétaire. Le déficit budgétaire devrait être ramené à 3,2 % du PIB en 2026, contre 3,6 % en 2025, sous l’effet conjugué de l’amélioration attendue des recettes fiscales, appelées à avoisiner 20 % du PIB, et de la poursuite de la rationalisation des dépenses. Les dépenses d’investissement public, estimées à 6,3 % du PIB, continueront de soutenir les projets structurants dans les domaines des infrastructures, de la sécurité hydrique et des équipements stratégiques.
Dans son ensemble, cette configuration macroéconomique traduit une dynamique globalement favorable, caractérisée par la diversification des moteurs de croissance, le renforcement de la résilience face aux chocs exogènes et une amélioration progressive des équilibres macroéconomiques. Elle contribue à consolider la confiance des acteurs économiques, à renforcer la crédibilité du Maroc sur les plans régional et international, et à ancrer durablement les bases d’une croissance plus robuste, plus inclusive et plus soutenable.






