La Commune de Rabat a lancé un chantier de réforme structurelle portant sur la gestion foncière et fiscale, dans une démarche traduisant une volonté affirmée de moderniser l’administration locale et d’améliorer l’efficacité de l’exploitation des ressources publiques. Doté d’un budget global de 4,9 millions de dirhams et étalé sur une période de 12 mois, ce projet marque un tournant qualitatif dans les modes de gestion du patrimoine communal, à travers le passage des approches traditionnelles à l’adoption d’outils numériques modernes fondés sur la précision et la fiabilité des données.
Ce chantier vise à doter la capitale de moyens technologiques avancés permettant un meilleur contrôle du patrimoine foncier communal, un renforcement de la transparence dans la gestion, ainsi qu’une amélioration durable des recettes locales. L’approche retenue repose sur une mise à jour exhaustive de l’ensemble des biens immobiliers relevant de la commune, parallèlement à une révision rigoureuse de l’inventaire des terrains assujettis à la taxe sur les terrains non bâtis, afin d’assurer l’adéquation des données fiscales avec la réalité foncière du tissu urbain.
Le projet prévoit également la mise en place d’un système d’information géographique (SIG) intégré, offrant une représentation cartographique précise et dynamique de l’espace territorial de la capitale, tout en assurant l’interconnexion des données foncières, fiscales et urbanistiques au sein d’une base de données unifiée et continuellement actualisable. Cette démarche s’accompagne d’une numérisation avancée des informations disponibles et de leur intégration dans un système d’information moderne, ainsi que d’un volet consacré à l’aménagement urbain, notamment la régularisation de la situation foncière des emprises routières affectées par les décisions d’alignement, contribuant ainsi à la clarification des statuts de propriété et à la sécurisation des droits.
Cette orientation traduit une volonté manifeste de dépasser les pratiques approximatives dans la gestion des actifs publics, en instaurant une gouvernance fondée sur la donnée fiable, la traçabilité et l’intégration des informations pertinentes. En reliant les opérations de recensement de terrain du foncier communal à des outils numériques en temps réel, la Commune de Rabat se dote de leviers efficaces pour sécuriser ses ressources, élargir équitablement l’assiette fiscale et améliorer le rendement du recouvrement, sans recourir à l’instauration de nouvelles charges fiscales pour les citoyens.
L’impact de ce projet ne se limite pas à la dimension financière de la capitale, mais s’inscrit dans une perspective plus large en tant qu’expérience pilote susceptible d’être reproduite dans d’autres grandes villes marocaines confrontées à des défis similaires en matière de gestion urbaine et foncière. Casablanca, en raison de son ampleur et de la complexité de son tissu urbain, Tanger, portée par une dynamique industrielle et logistique soutenue, Agadir, aux enjeux touristiques et immobiliers marqués, ou encore Marrakech, caractérisée par une forte valeur patrimoniale et foncière, pourraient tirer profit d’une approche analogue fondée sur la numérisation, la transparence et la modernisation fiscale.
Cette initiative met en évidence que l’amélioration de la gouvernance locale ne passe pas nécessairement par la création de nouveaux impôts, mais repose avant tout sur une connaissance fine du territoire, une exploitation optimale des données et l’adoption d’une gouvernance numérique performante. Dans un contexte de forte urbanisation et de pression croissante sur les ressources communales, l’expérience de Rabat apparaît comme une démarche stratégique dont la généralisation pourrait contribuer à la sécurisation des recettes locales, à l’amélioration de la qualité de la gestion publique et au renforcement de la confiance des citoyens envers les collectivités territoriales.






