Fait inédit, le président algérien Abdelmadjid Tebboune n’a, dans son discours devant le Parlement algérien, ni mentionné le nom du Maroc ni évoqué la question du Sahara marocain.
Tebboune, qui ne manque habituellement aucune occasion pour formuler des accusations et attaquer le Maroc, de manière directe ou indirecte, et pour intégrer la question du Sahara dans chacun de ses discours ou interventions, qu’ils soient circonstanciels ou non, est apparu sous un jour inhabituel. Depuis la tribune du Parlement algérien, il a abordé la politique de voisinage en consacrant une large part de son propos à la Tunisie, tandis que l’absence de références explicites à d’autres pays voisins de l’Algérie a particulièrement retenu l’attention.
Son discours sur le passeport algérien s’est également distingué par un ton et un langage radicalement différents de ceux qu’il employait jusqu’à présent. Il a déclaré textuellement : « Si le bien ne vient pas du voisinage de l’Algérie, le mal n’en viendra jamais non plus. »
Par ailleurs, l’évocation des relations extérieures de l’Algérie s’est, pour la première fois, limitée à la seule question palestinienne et au soutien à la cause palestinienne.
L’omission totale de toute référence à la question du Sahara marocain constitue ainsi une première dans les discours et prises de parole du président algérien, généralement marqués par une forte charge hostile et une animosité latente. Ce revirement soudain, intervenu sans annonce préalable, soulève de nombreuses interrogations : qu’est-ce qui a changé au sein du régime algérien, longtemps engagé dans une stratégie de provocation à l’égard de l’État marocain par des propos et des insinuations à caractère agressif, sans jamais susciter de réaction similaire de la part du Royaume ?






