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France : François Bayrou alerte sur des finances publiques au bord du gouffre

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À Paris, la rentrée politique du Premier ministre François Bayrou a été marquée, lundi 25 août, par un discours alarmiste sur l’état des finances françaises. Devant la presse, il a évoqué une « urgence nationale », annonçant un vote de confiance prévu le 8 septembre à l’Assemblée nationale autour de la question cruciale de la maîtrise budgétaire.

Un déficit structurel qui dure depuis un demi-siècle

La France enregistre des comptes publics déficitaires depuis 1974. En 2024, le déficit a atteint 5,8 % du PIB, et le gouvernement espère le ramener à 5,4 % en 2025. Mais la Cour des comptes pousse à un ajustement bien plus strict, visant moins de 3 % à l’horizon 2029 pour contenir une dette jugée préoccupante.

Une dette record qui inquiète

Selon l’Insee, la dette publique française s’élevait à 3 345,8 milliards d’euros au premier trimestre 2025, soit 114 % du PIB. Ce ratio place la France parmi les pays les plus endettés de l’Union européenne, derrière la Grèce et l’Italie, mais devant l’Espagne et le Portugal. Le remboursement des intérêts est devenu l’un des premiers postes budgétaires du pays : 66 milliards d’euros en 2025, contre seulement 35 milliards en 2018. Bayrou prévient que cette charge pourrait bientôt dépasser 100 milliards d’euros, un montant supérieur aux budgets de l’Éducation nationale et de la Défense réunis.

Une confiance fragile des marchés

Si la dette française reste recherchée par les investisseurs, c’est notamment grâce à la solidité de son système bancaire et à la profondeur de ses marchés financiers. Mais la donne pourrait changer : la stabilité politique, longtemps considérée comme un atout, est désormais fragilisée. Fitch doit rendre une nouvelle évaluation de la note souveraine française quelques jours après le vote de confiance, avec un risque réel de dégradation.

Une croissance faible mais résiliente

Tout n’est pas sombre pour autant. La Banque de France prévoit une croissance de +0,3 % au troisième trimestre 2025, soit un rythme supérieur à celui de l’Allemagne. La balance courante a affiché un excédent de 2,7 milliards d’euros en 2024 et l’épargne des ménages reste élevée, des signaux jugés rassurants par les économistes.

Un dilemme pour Paris

La France se trouve face à un choix délicat : rééquilibrer ses finances publiques tout en préservant une croissance encore fragile. Comme le résume l’économiste Mathieu Plane, « le risque est de corriger trop brutalement les comptes et d’étouffer la reprise ».

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