La Commission provisoire chargée de la gestion du secteur de la presse et de l’édition a vivement réagi à la série d’articles publiée par le quotidien français Le Monde, à partir du 26 août 2025, et consacrée à la situation politique au Maroc. Dans un communiqué parvenu à belpressefr, elle fustige une enquête en six volets “qui ne répond en rien aux standards de la profession” et qui a suscité l’indignation de nombreux milieux politiques et médiatiques marocains.
Après analyse du contenu, du style et des sources de cette série, la Commission relève plusieurs manquements graves aux règles d’éthique et de déontologie journalistiques :
• Sources floues et anonymes : la majorité des informations relayées reposent sur des propos attribués à des “sources inconnues” présentées comme “un diplomate occidental”, “un proche du premier cercle”, ou encore “un diplomate français”, sans que leur identité ou leur légitimité à s’exprimer soit vérifiable. Même dans les rares cas où des noms sont cités, ils n’auraient, selon la Commission, aucune crédibilité particulière sur les affaires internes du palais.
• Témoignages douteux : le journal a mobilisé les écrits de journalistes étrangers éloignés des réalités marocaines, dont un ancien correspondant britannique présenté comme connaisseur du Maroc, alors qu’il s’agissait, selon la Commission, d’un “freelance aux erreurs professionnelles notoires”, transformant ainsi l’investigation en “bavardages de cafés”.
• Récit spéculatif : la Commission dénonce un abus de formulations vagues et suggestives, telles que “à Rabat comme à Casablanca, certains chuchotent…”, relevant davantage de la rumeur que de l’information vérifiée. Elle estime que ce procédé participe à amplifier artificiellement les tensions et à orienter l’opinion du lecteur.
• Atteintes à l’éthique : la série aurait eu recours à des insinuations sur la santé et à un “pseudo-psychanalyse” des acteurs politiques, pratiques jugées contraires à l’éthique professionnelle et prohibées par la charte de déontologie de la Société des rédacteurs du Monde elle-même, qui proscrit explicitement “l’injure, la calomnie et l’allégation sans fondement”.
La Commission conclut que Le Monde a produit “une narration subjective et approximative, davantage proche d’une fiction que d’une enquête journalistique rigoureuse”, dépourvue de documents, d’archives et de recoupements de sources crédibles.
Elle appelle également la société des rédacteurs du quotidien français à intervenir pour “corriger ces violations manifestes de l’éthique journalistique” et restaurer la crédibilité d’un journal réputé, désormais accusé d’avoir sacrifié les règles de la profession au profit de la polémique.