Les organisations syndicales et professionnelles représentant le secteur de la presse et de l’édition ont exprimé leur rejet de ce qu’elles qualifient d’acharnement du gouvernement à faire adopter le projet de loi n°09.26 relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse. Elles considèrent cette démarche comme « un précédent grave consistant à contourner la décision de la Cour constitutionnelle et à vider son esprit de sa substance réelle », estimant que cette réforme transformerait le Conseil d’un organe d’autorégulation fondé sur des principes démocratiques en un mécanisme de tutelle, de contrôle et d’exclusion.
Ces organisations estiment également que ce texte constitue une atteinte directe au pluralisme professionnel et à l’indépendance des institutions représentatives des journalistes et des éditeurs, dénonçant ce qu’elles qualifient de « projet gouvernemental hégémonique ». Elles annoncent leur intention de mener toutes les formes de mobilisation et d’escalade légales — sur les plans professionnel, institutionnel et des droits humains — afin de s’opposer à cette réforme.
Le communiqué commun est signé notamment par le Syndicat national de la presse marocaine, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, l’Union nationale de la presse, de l’information et de la communication affiliée à l’Union marocaine du travail, le Syndicat national des médias et de la presse affilié à la Confédération démocratique du travail ainsi que la Confédération marocaine des éditeurs et des médias électroniques.
Les signataires regrettent l’adoption par la Chambre des représentants du projet de loi dans sa version approuvée par le gouvernement le 4 mai 2026, considérant cette évolution comme une tentative de contourner la décision de la Cour constitutionnelle en vidant le Conseil national de la presse de sa véritable vocation démocratique.
Les organisations dénoncent également ce qu’elles décrivent comme une « logique de domination gouvernementale » et un rejet systématique des amendements proposés par les composantes de l’opposition, y voyant une atteinte explicite au pluralisme politique, au débat démocratique et au principe de législation participative.
Elles critiquent aussi les déclarations anticipées du ministre chargé du secteur, qu’elles accusent d’avoir fixé à l’avance l’issue du processus législatif en rejetant toute possibilité de modification du texte, tout en annonçant déjà le calendrier de mise en place du futur Conseil. Selon elles, cette attitude contrevient aux principes de l’État de droit, porte atteinte au Parlement dans ses deux chambres, au corps journalistique, à la Cour constitutionnelle ainsi qu’aux institutions de gouvernance, et remet en cause le principe d’équilibre et de coopération entre les pouvoirs.
En conséquence, les organisations syndicales réaffirment leur rejet catégorique du projet de loi dans sa forme actuelle et tiennent le gouvernement pour pleinement responsable de la situation de tension et de mécontentement qui règne au sein du secteur. Elles appellent l’Exécutif à revoir sa position dans le respect de la Constitution, du Code de la presse et de l’édition ainsi que des conventions internationales relatives à la liberté d’expression et d’opinion.
En outre, les signataires appellent la Chambre des conseillers à assumer ses responsabilités historiques et constitutionnelles en s’opposant à ce qu’ils qualifient de projet régressif et en bloquant les dispositions susceptibles de porter atteinte à l’indépendance de la profession journalistique.






